Le vrai visage de Jeanne
Il existe de multiples représentations de Jeanne, tant en peinture qu'en sculpture, mais tellement dissemblables qu'il semble presque impossible d'avoir une idée exacte du visage de l'héroïne.
La statue:
Pourtant il existe au moins une statue, dont personne ne conteste l'authenticité, dont la version originale remonterait au tout début du 16ème siècle. Il s'agit de la statue de Jeanne en prière, conservée au centre johannique de Domremy la Pucelle, propriété du Conseil Général des Vosges; Une copie de celle-ci avant sa restauration se trouve également à Domremy, dans une niche gothique située au dessus de la porte d'entrée de la bâtisse présentée comme la «maison natale».
Cette orante
est une copie de la statue qui composait un monument érigé en
1502 sur le pont des Tourelles à Orléans, et financé par les
deux frères Aignan et Estienne de Saint-Mesmin, ainsi que par
les échevins de la ville.
La statue d'origine ayant été réalisée aux alentours de l'année
1500, on est en droit de supposer qu'on avait encore le souvenir
visuel de la guerrière. Ce qui semble confirmé par le fait que
l'on n'a pas cherché à «enjoliver» cette dernière, contrairement
aux sculpteurs des siècles suivants qui l'ont réellement
idéalisée!
Elle apparaît plutôt boulotte, avec un visage rondouillard, le
cou bref, et des mains démesurées!
L'artiste lui a conservé une longue chevelure, qui descend en boucles jusqu'aux reins. Ce qui paraitrait être une erreur, dans la mesure où Jeanne avait, dès Vaucouleurs, coupé ses cheveux à l'écuelle, et qu'elle aurait conservé cette coupe de cheveux pendant ses campagnes.
Mais ne serait pas forcément une erreur, car si cette "Jeanne" a été sculptée à l'image de Jeanne des Armoises, de passage à Orléans bien après le "bûcher", rien dans l'histoire n'indique qu'elle n'avait pas laissé ses cheveux repousser lors de sa captivité!
Un essai de reconstitution:
Des artistes lorrains ont essayé, à partir du visage de cette statue, de rétablir la vérité historique de la Jeanne du début, en sculptant un buste de la Pucelle d'Orléans aux cheveux courts et revêtue d'une armure conforme à la description qu'en fait Adrien Harmand dans son ouvrage.
Il a fallu pour cela, d'une part corriger la coiffure, en la mettant plus en accord avec les normes ayant cours chez les soldats en 1428, à savoir une coupe à l'écuelle à un centimètre au dessus des oreilles, d'autre part recréer l'armure telle qu'elle se portait alors, et enfin dégonfler le visage quelque peu bouffi de l'héroïne (grossesse oblige).

Nous avons récemment découvert une représentation de Jeanne qui correspond parfaitement à cette création! Nous laissons à nos lecteurs le soin d'apprécier...

Cette statue se trouve dans une des chapelles de la cathédrale de Strasbourg, mais l'auteur en reste méconnu à ce jour! Nous attendons vos informations à ce sujet.
La tête d'Orléans
Néanmoins, il existe une autre représentation de Jeanne, mais qui celle-là est réfutée par certains historiens: Une tête casquée, polychrome, retrouvée dans les vestiges d'une église orléanaise, a longtemps été considérée comme celle d'une statue élevée, de son vivant, à la gloire de la Pucelle.

Plusieurs écrivains, orthodoxes s'il en est, se sont servi de la photographie de cette tête pour illustrer la couverture de leurs ouvrages! Bourassin (1977), Englebert (1940) et Fabre (1948) étaient donc convaincus que ce visage représentait bien Jeanne… Qui aurait également inspiré le sculpteur Paul Dubois et lui aurait servi de modèle pour sa Jehanne d'Arc équestre dont l'original se trouve à Reims, devant le Palais de Justice
Un lecteur américain nous communique l'adresse d'un site totalement acquis à l'orthodoxie tradtionaliste qui continue d'utiliser l'image de cette statue d'Orléans. Il semblerait bien qu'outre Atlantique, on soit toujours convaincu qu'il s'agit bien là du portrait de jeanne... voir la page

De même, le sculpteur Prosper d'Epinay a-t-il donné à sa Jeanne qui se trouve actuellement en la cathédrale de Reims le même visage...
Les ateliers de copie du Musée du Louvre ont même proposé à la vente une reproduction en plâtre de cette tête casquée, sous l'appellation «tête de Jeanne d'Arc». C'est dire si ce visage était admis comme celui de l'héroïne!
Mais de nos jours, il n'est plus question de Jeanne. Cette sculpture, visible au musée d'Orléans, passe pour représenter... Saint Maurice!
En 302, l'officier supérieur Maurice, chef de la légion romaine Thébaine, refusa d'appliquer les édits de Dioclétien, qui régnait avec l'empereur Maximien-Hercule. Ces édits précisaient que la légion devait massacrer les Chrétiens. À cause de son refus, Maurice fut martyrisé, ainsi que quelques-uns de ses compagnons de la légion. Or, le Maurice en question était noir. On le représente même barbu!

Représentation médiévale de Saint Maurice
(Cathédrale de Magdeburg, Allemagne), et détail de son visage sur la photo de droite
De plus, la sculpture d'Orléans porte un casque qui n'a rien à voir avec le casque d'un soldat romain, qu'il soit légionnaire de base ou centurion. On doit donc se poser la question de ce qui a pu motiver nos érudits de l'histoire johannique pour modifier ce qu'ils avaient précédemment admis.


casque centurion casque légionnaire casque médiéval
Pour ce faire, un retour en Lorraine s'impose:
En 1871, au château de Jaulny, dans le donjon, deux portraits en médaillon sont découverts sous des plâtres qui masquaient le caisson d'une cheminée du XVème. Cette découverte résultait des indications fournies par le maire du village, affirmant que son arrière-arrière-grand-père avait caché sur les ordres de Monsieur des Armoises, avant la révolution, les portraits de Jeanne, la Pucelle de France, et de son mari, Robert des Armoises.
Le médaillon de gauche figure le portrait d'une femme de profil, coiffée d'une sorte de bonnet, et dont les traits paraissent ceux d'une femme d'un certain âge. Nous sommes en présence du portrait de la "Dame des Armoises", qui vécut dans ce château après son mariage avec le chevalier Robert des Armoises.
Or cette femme n'est autre, d'après les écrivains «survivistes», que Jeanne après son retour de captivité, suite au procès de Rouen et au simulacre de son exécution. Bien sûr, l'authenticité de ce portrait est contestée par les traditionalistes! Bien que par ailleurs ils encensent les nombreux portraits de l'héroïne, tous plus fantaisistes les uns que les autres.

Par contre, nous apportons ici une information essentielle confirmant la véracité de ce médaillon... En effet, le Musée de la Cour d'Or à Metz possède en ses réserves une sculpture sur bois d'époque médiévale, récupérée lors de la démolition de la maison où habitaient Robert et Jeanne des Armoises lors de leurs séjours en la ville lorraine, en face de l'église Sainte Ségolène!
Il est bien sûr dommage qu'une telle oeuvre ne soit pas offerte à la vue du public. Mais cette aberration devrait bientôt cesser, selon le nouveau Conservateur des lieux...

Revenons au motif qui a fait transformer un visage de Jeanne, blanc et féminin, en un visage de saint Maurice, dont on rappelle qu'il était noir et barbu !
Comparons donc les deux profils: la ressemblance saute aux yeux! On a représenté la même femme à plusieurs années d'intervalle. |
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On comprend alors les raisons qui ont poussé les tenants de l'histoire officielle à monter cette histoire de statue du légionnaire noir, qui aurait été vénéré à Orléans sous les traits d'une jeune femme blanche. Car si l'on admet que ce visage est bien celui de Jeanne, la Pucelle d'Orléans, alors au faîte de sa gloire, on est bien forcé de reconnaître que le portrait retrouvé à Jaulny est bien celui de la même femme, vieillie par les années autant que par les épreuves qu'elle a traversées.
Nous remercions donc les lecteurs du Canada qui nous ont fait parvenir les 2 photos suivantes, qui montrent des membres de la police scientifique allemande en train d'analyser et de comparer les deux portraits de Jeanne que nous évoquons:
Un de nos lecteurs nous livre une information sur une manipulation du même acabit!
Le Musée Lorrain de Nancy possède en ses collections un chapeau de paille ayant appartenu à Jeanne, mais qui reste caché à la vue du public... et dont nous publions deux vues ci-dessous:

Pourquoi ce magnifique chapeau qui est reconnu par ce prestigieux musée n'est-il point exposé? La raison nous semble évidente: Lors de sa vie "officielle", Jeanne se rend en visite à Nancy à l'instigation du Duc de Lorraine, et ce en février.
Ce qui n'est pas une saison à porter un chapeau de paille pour se prémunir du soleil. Non plus qu'un couvre-chef de pauvre paysanne.
Mais dans ce qu'on peut appeler sa seconde vie, quand devenue la Dame des Armoises elle marie Yolande, fille de ses amours avec René d'Anjou, avec Ferri de Vaudémont, elle peut très bien porter ce chapeau d'apparat et en faire don...On est alors au printemps, et elle n'est plus l'humble bergère de la Légende!
La réapparition de Jeanne à Metz:
Ce qui revient à reconnaître que Jeanne est revenue en Lorraine, après sa "condamnation" (dont, rappelons-le, on ne trouve nulle trace!), et surtout après son "exécution" (dont les archives rouennaises ne gardent pas plus de traces d'ailleurs!)... Donc, qu'elle n'est pas morte sur le bûcher à Rouen, et que Pierre et Jehan d'Arc, qui l'ont rejointe et reconnue à son arrivée dans la banlieue de Metz, avaient bien raison.
Il est d'ailleurs stupéfiant que des historiens actuels, pour défendre leur fond de commerce d'une vierge bergère de Lorraine, continuent à récuser, eux qui n'ont rien vu, les témoins oculaires du retour de Jeanne:
Nicolas Louve, qu'elle avait fait armer chevalier par le Roi, lors du sacre de Reims!
Les deux fils d'Arc, qui ont grandi avec elle, qui ont servi dans l'armée avec elle, la reconnaissent, quelques années après sa soi-disant exécution, et ne seraient pas crédibles !
Imagine-t-on qu'on peut oublier aussi facilement une personne avec laquelle on a passé non seulement toute son enfance, mais également une partie de sa vie "professionnelle"?
Et Jeanne était aisément reconnaissable, qui parlait français, montait à cheval et se battait comme un homme...
"Ils furent abusés par amour ou par intérêt" écrit Mme Colette Beaune !
"Ils la reconnurent grâce à ses enseignes" ajoute l'"historienne", dont elle ignore s'il s'agit de la marque de naissance derrière l'oreille, ou des traces des blessures reçues au combat…
Il aurait fallu que la fausse Jeanne, non seulement connaisse parfaitement la vraie, au point d'avoir vu une tache rouge qu'elle avait derrière l'oreille, (et surtout avoir réussi à la faire reproduire!) mais également qu'elle se soit fait transpercer la poitrine et la cuisse à coup de carreau d'arbalète pour obtenir les mêmes cicatrices et ainsi pousser la ressemblance à l'extrême!!!
De nos jours, la chirurgie plastique est capable de miracles, mais en 1436, ce devait être ardu de trouver un chirurgien capable de recréer de pareilles traces!
Nous voulons également revenir sur un passage du livre concerné de Mme Colette Beaune, qui écrit à ce propos: "Elle ressemblait à leur sœur, elle était brune, pas très grande!"
Or il faut se souvenir que Jeanne aurait mesuré plus de 1,60 m, ceci établi en fonction du métré de tissu d'une robe qu'on lui avait confectionnée, ce qui nous semble une taille assez élevée pour l'époque. On se doit même de préciser que l'auteur de ce calcul a oublié d'ajouter la bordure de fourrure cousue en bas du vêtement... Ce qui aurait eu pour effet, en augmentant la taille de la robe concernée, de considérer que Jeanne faisait quelques centimètres de plus que la taille que lui calcule Adrien Harmant! Notre héroine aurait alors mesuré aux alentours de 1,65m.
La taille moyenne des femmes en France était de 1,54m en 1900, pour 1,635m actuellement! Donc, Jeanne possédait certainement une taille au-dessus de la moyenne de l'époque.
Il serait très intéressant de connaître la probabilité qu'aurait eue une fausse Jeanne, d'une part de lui ressembler physiquement et intellectuellement au point d'abuser ses proches et ses anciens compagnons d'armes, d'autre part d'être une aussi bonne cavalière, et enfin et surtout, de posséder la même tache derrière l'oreille, ou bien les mêmes cicatrices ?
Nous sommes donc persuadés que c'est bien Jeanne qui est revenue ce jour-là à Metz !
Et si l'on retrouvait
le visage de notre héroïne sur de fameux tableaux?
Notre interrogation part d'un simple questionnement: Comment se fait-il qu'un personnage aussi célèbre à son époque n'apparaisse jamais dans la peinture ou la sculpture de son siècle?
La réponse est fort simple! On a sciemment éradiqué toutes les représentations de Jeanne...
Par contre, quid des oeuvres représentant Jeanne en tant qu' accessoire" et non en personnage principal?
On a vu sur le site "le retable des trois Rois Mages" dont on conserve le souvenir photographique d'un des volets. Cette représentation de la Pucelle existe donc encore, acquise par un collectionneur anonyme après destruction de l'oeuvre initiale (on a scié en deux le volet de droite d'un tryptique pour lui faire perdre son sens initial...).
Cette peinture constitue à notre sens une des représentations des plus crédibles de la Pucelle d'Orléans, loin des clichés traditionalistes.
Mais demeurent encore en Europe quelques oeuvres gigantesques que l'on n'a pas osé, ou pu détruire.
En premier lieu, sur le volet droit de la " Vierge au buisson ardent", triptyque peint par Nicolas Froment en 1475 pour la basilique d'Aix, suite à une commande du Bon Roi René, le fameux René d'Anjou dont on a vu le rôle qu'il a tenu dans "l'Affaire Jeanne d'Arc"...Quelle est donc cette rousse qui prête ses traits à Ste Catherine? Sur le même tryptique, c'est la première épouse de René, Isabelle de Lorraine, qui est représentée en Marie Madeleine...

Sur le retable de l'Agneau Mystique, peint par les frères Van Eyck pour la cathédrale de St Bavon à Gand: Le personnage situé au premier plan sur le volet des "chevaliers du Christ", qui porte une huque aux couleurs de la maison d'Orléans....
Et peut-être encore ce retable de Dresde, peint en 1437 par un des frères Van Eyck, sur lequel on peut voir, sur le volet droit, une jeune femme rousse armée d'une épée, et visiblement enceinte... Comme cette dernière ne porte pas l'auréole, on peut en déduire qu'il ne s'agit pas d'une "sainte", mais bien d'une laïque...
Qui est donc cette jolie femme qui, sur ce rétable, fait face à St Michel? Et tient sa robe de sa main gauche..? On peut remarquer le médaillon autour de son cou!

Les secrets de Jeanne

